La martinique

Mardi 12 juin : départ pour une virée de 3 semaines au nord de la Martinique
Le bateau est propre, le plein de vivres est fait, quelques petites réparations ont pu être effectuées (pas toutes : il reste l’inverseur à changer …). Nous voilà partis pour trois semaines avec François et une de ses amies..

Notre parcours :
Un premier petit mouillage d’acclimatation en Martinique (Anse Chaudière) puis route pour La Dominique ; cette île située entre la Martinique et la Guadeloupe est restée très sauvage. Découverte comme la plupart des Antilles par Christophe Colomb, colonisée par les Français puis les Anglais, elle est devenue indépendante en 1978 et fut ravagée par le terrible cyclone David en 1979 (des épaves rouillées de nombreux navires gisent encore dans Ruppert Bay où nous mouillons). Une nature sauvage souvent impénétrable, un littoral austère avec des plages grises et des rivages abrupts n’ont pas permis le même développement touristique que dans les autres îles et le niveau de vie reste très bas. Au mouillage, des barques locales viennent nous proposer des fruits, des légumes et un service de transport à terre dans de petits restaurants. Nous faisons également une petite excursion en barque nous permettant en remontant une rivière, de pénétrer dans la forêt tropicale de l’île.

De La Dominique, nous rejoignons en une dizaine d’heures de navigation, l’archipel des Saintes en Guadeloupe (beau mouillage sauvage à l’anse de bois joli) puis le nord de la Guadeloupe ou nous mouillons devant un joli petit village (Bay Deshayes) avec ses cases créoles de couleur et son petit rythme tranquille (il est vrai que nous sommes vraiment au creux de la saison touristique).

De la Guadeloupe, une journée de navigation, nous amène à Antigua. Cette île de 60 000 habitants a été colonisée par les anglais pendant prés de trois siècles et était le bastion des escadres anglaises avec notamment le célèbre Horatio Nelson. C’est une île au climat sec qui a vécu longtemps de la culture de la canne à sucre avec un esclavage très important. Aujourd’hui, elle vit principalement du tourisme. Indépendante depuis 1981, elle reste très britannique. Nous y serons néanmoins seuls dans plusieurs très beaux mouillages dont un, face à une magnifique plage au sable blanc de près de 10 kms de long sur l’île de Barbuda. La chaleur est en revanche assez éprouvante dans ces iles très plates et presque sans végétation.

Une grande journée de navigation et nous rejoignons Saint Barthélemy, petite île d’une dizaine de milliers d’habitants au nouveau statut de collectivité Française. Elle fut occupée par une centaine de paysans venus de l’ouest de la France, puis vendue à la Suède par Louis XVI, et enfin rachetée par la France en 1877. Contrairement aux autres îles, elle ne connut pas l’esclavage (l’île était tellement pauvre que «l’on était son propre esclave»). Le développement touristique de « Saint Barth » démarre vers les années 70 avec comme politique «une maison bien intégrée dans un large espace». De ce fait, les terrains deviennent rapidement très chers et aujourd’hui, l’île s’est transformée en «Saint Trop des Caraïbes» où se retrouve la jet set Européenne et un certains nombre d’américains, russes, Brésiliens… très fortunés.

C’est donc un changement de décor complet notamment par rapport à la Dominique. Dans les rues du port de Gustavia, on rencontre toutes les grandes enseignes de la mode française et de la bijouterie (Armani, Cartier, Vuitton …). L’île est couverte de splendides maisons particulières qu’on devine au milieu des fleurs et des palmiers.

Nous avons la chance d’être reçus par Ghislaine et Philippe des amis de Jean Marc et Maryline, qui sont installés ici depuis une quinzaine d’années. Philippe, nous emmènera avec un ami faire une belle plongée à l’île Boulanger.

Nous sommes déjà le 11 Juin et il est temps d’entamer notre retour vers la Martinique. Les Iles Vierges, ce sera pour une autre fois !

La navigation :
Nous retrouvons les conditions paradisiaques des Antilles, à savoir : un vent de travers de force 4/5 entre les îles, forcissant un peu sous les grains et un peu plus erratique quand nous longeons les îles. Nous filons régulièrement à 6/8 noeuds avec des pointes à 9 et utilisons assez peu le moteur. Nous faisons une belle navigation de nuit sur la route du retour entre Saint Barthélémy et la Guadeloupe avec une moyenne de 7 noeuds. Nous faisons des quarts de 2h car nous sommes obligés de barrer en continue (le pilote n’est toujours pas réparé !). Le temps est d’une grande douceur pendant cette nuit..

La pêche :
Contrairement à la traversée, le moulinet de la cane à pêche nous met régulièrement en éveil. Bilan : 3 thons, 2 bonites , un barracuda et 2 têtes de poisson qui se sont fait dévorer par plus gros qu’eux alors qu’ils étaient pris au rapalla de la ligne. Nous nous régalons : la chair fraiche des bonites est consommée à la tahitienne (crue + citron vert et huile d’olive) ; le thon est testé à la tomate et au jus de coco ainsi qu’au cours bouillon avec une mayonnaise faite par François, le tout accompagné de patates douces… Cette virée, nous permet également de nous régaler de papayes, de mangues et de petites bananes figues bien sucrées.

Notre plus belle soirée :
Elle se passe dans le petit village de Deshayes à la Guadeloupe. François nous a invité à dîner dans un joli petit restaurant créole, les pieds dans l’eau : Ti punch, Pina-colada, acras, petits boudins antillais, christophines farcies….. un délicieux repas antillais bien arrosé au rosé de Provence. Quand nous voulons repartir, l’annexe tirée sur le sable devant le restaurant a disparu (c’est sa deuxième sortie !). Elle n’était pas attachée et la petite marée (20 cm de marnage) l’a emportée vers le large. Il nous faut absolument la récupérer, ne serais que pour regagner le bateau qui se trouve au centre de la baie. La nuit est noire, il tombe des cordes, mais un client du restaurant, «P’tit Claude», se propose d’effectuer les recherches avec le zodiac d’un copain. On passe chez lui récupérer la clef du zodiac et un bidon d’essence. Nous arrivons au petit port de Deshaies pour mettre en route le zodiac du copain et commencer la recherche mais constatons que les boudins sont dégonflés, les batteries flottent dans l’eau et que rien ne démarre? Finalement, avec l’aide d’un autre copain appelé à la rescousse, qui amène une batterie de secours, le bateau démarre enfin et nous partons avec une lampe torche à la recherche de l’annexe. Coup de bol extraordinaire, elle est venue heurter un bateau mouillé dans la baie, le skipper l’a récupérée et elle attend tranquillement ses propriétaires. Du coup, nous allons arroser ces retrouvailles avec « P’tit Claude » et son copain dans un petit troquet ou un groupe de Jumbee casse la baraque. Quelques Ti-punch plus tard, bien allumés, nous regagnons Moramora, il est 2 h du matin.

Le mot de la fin :
Après notre traversée, cette petite virée en direction des « Iles Vierges » nous a permis de renouer avec les mouillages sauvages, les bains au petit matin dans des eaux claires, chaudes (29°) et poissonneuses, les multiples rencontres et le plaisir de petites navigations tranquilles d’île en île. Seules les cigarettes de François et de son amie viendront parfois ternir l’humeur du capitaine !

Depuis Dimanche, nous renouons avec la vie des pontons au Marin et les occupants des différents bateaux qui comme nous, bricolent, nettoient, réparent, préparent … (souvent leur traversée de retour vers l’Europe). Nous avons notamment à côté de nous 4 Italiens qui ont racheté un bateau vieux de 37 ans et comptent le ramener en Italie à la fin de la semaine : vraiment folklo et sympathique, ils nous ont offerts ce soir une portion de minestrone aux spaghettis de derrière les couffins.

Nous attendons demain, Camille, Nicolas et Simon pour une virée de 3 semaines sur les Grenadines et en particulier les Tobago Cays.

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