Iles Vierges

Lundi 29 Novembre : Marina Fort Louis à Saint Martin
Le bateau est propre, les pleins du frigo et des coffres sont faits. En fin d’après-midi, nous accueillons Chantal et Nathalie pour une croisière de deux semaines aux Iles Vierges. Dans leurs bagages, elles nous amènent pièces détachées, matériel commandé en France, presse et cadeaux : c’est Noël avant l’heure.
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Au ponton de la marina du Marin (Martinique)

Du 2 au 20 Novembre :
Pendant ces trois semaines, nous alternons séjours au ponton de la marina du Marin (Martinique) et mouillages dans le sud de l’ile (Anses de Saint Anne, Chaudière et Arlet).
Au menu du ponton : bien sur, les réparations suite à l’ouragan Tomas (mais pas seulement) :
- réparation de l’annexe,
- commande de nouvelles pâles pour l’éolienne,
- réparation des circuits électroniques de la cuisinière,
- diagnostic des vibrations du moteur,
- récupération d’un nouveau sondeur…
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Le bateau sorti de l’eau au chantier Grenada Marine

27 Septembre :
Le bateau est sorti de l’eau au chantier Grenada Marine dans une baie bien protégée du sud de l’ile de Grenade. Gérard a prévu un carénage et la réparation du moteur endommagé pendant notre traversée vers Tobago. Diagnostic : le cordage pris dans l’hélice a arrêté le moteur d’un coup sec en cassant un des « silent bloc » et causant des vibrations désagréables. Conclusion : il faut changer les 4 silents bloc et vérifier également l’arbre d’hélice.

A terre :
A force de recherches en Août, Marie a fini par trouver un appartement à louer au rez de chaussée de la villa d’un docteur. L’équipement est basique mais la terrasse de l’appartement donne sur un beau jardin au fond duquel un petit portillon nous permet d’accéder directement à la plage et à la mer turquoise. Glenn, le propriétaire est charmant avec nous.

Nous découvrons d’un peu plus prés le mode d’emploi de Grenade : taxis collectifs dans lesquels on monte et on descend à tout moment pour 2,5 $ caraïbes (soit 75 centimes d’euro) avec musique à fond et conduite très sportive, marché aux poissons, marché aux fruits et aux légumes où «Marie l’intendante» va faire ses courses. Les bâtiments sont parfois très délabrés suite aux dégâts causés par le cyclone Yvan en 2004. Celui ci n’a soufflé que pendant 6 heures sur l’ile, mais a détruit 70% des plantations de noix muscade et il faut 25 ans pour qu’un arbre nouvellement planté donne à plein ! On comprend mieux les dégâts que causent ces cyclones dans des iles qui n’ont pas les budgets de la Martinique ou de la Guadeloupe. .

Au cours d’une journée, nous parcourons l’intérieur de l’ile en partageant un taxi bus avec 3 allemands rencontrés au chantier : cascades, forêt tropicale, jardin floral, jardin d’épices (muscade, gingembre, cannelle…), fabrication du chocolat à partir du fruit du cacaotier, rhumerie avec un moulin qui tourne encore avec une roue à aube pour écraser les cannes à sucre…

Le reste de nos journées s’écoulent tranquillement : 2 kms de natation chaque matin mais souvent aussi l’après-midi, marche le long de la longue plage de Grand Anse, scrable, lectures, yoga…. et longs coups de fil grâce à Skipe et au wifi performant qui équipe l’appartement. Cela nous rapproche de la famille et des amis de pouvoir en phonie ou en visio téléphoner longuement.

Sur le chantier :
Au bout de deux semaines, les pièces commandées chez Volvo en Suède, ne sont toujours pas là et nous décidons de nous ré-installer dans le bateau sur le terre-plein du chantier. Moramora est posé sur des bers et on y accède en montant par une échelle (qu’il faut redescendre au milieu de la nuit en cas de besoin pressant). Il fait particulièrement chaud et les moustiques sont omniprésents (les serpentins, la citronnelle et les bombes au baygon marchent à fond). Le week-end, nous nous réfugions dans un joli hôtel situé dans une ancienne propriété coloniale, baie de La Sagesse, juste à côté du chantier où une belle chambre bien ventilée et le ressac des vagues nous bercent béatement.

De nombreux propriétaires de bateaux passent du temps sur le chantier pour faire eux même un certain nombre de travaux ou les surveiller. Du coup, le bar sur la plage où personnel et clients se retrouvent pour manger un morceau à midi et descendre des bières (ou du rhum) à la tombée de la nuit est un haut lieu de rencontres, de discussions animées et d’échanges sur les tribulations des uns et des autres. Nous y rencontrons des français, des allemands, des anglais, des américains, des canadiens et un couple de hollandais (Herman et Ryan) avec lequel nous sympathisons : ils sont partis depuis 2007, montés en Antarctique, passés par le Groenland, descendus à New-York…, ils envisagent de nous retrouver à Cuba en Décembre avant de descendre sur le Brésil, l’Argentine, l’Arctique … après plus de 3 mois de travaux sur leur bateau au chantier. Nos ennuis ne sont que de petits détails de mise au point comparés aux leurs !

Les pièces du moteur arrivent enfin et dés le soir nous sommes de nouveau sur l’eau. Nous reviendrons au chantier en fin de semaine pour y retrouver Jean Luc Sybille, le propriétaire de Castafiore, un magnifique dériveur aluminium de 57 pieds sorti du chantier Alliages 6 mois avant Moramora et avec lequel Gérard avait navigué de Lorient à Lisbonne en Octobre 2009.

En attendant, nous allons passer 3 jours dans une petite Marina repérée en Septembre et tenue par un couple de Québecois (Gilles & Marie) : petit ponton pour 10 bateaux maximum, jolie terrasse bien arrangée avec belle vue sur la baie, accueil très sympathique, super bouffe …. Gilles et Marie ont atterri là avec leur bateau par hasard. Gilles fait du pain frais chaque jour et prépare sa propre viande. Dés le premier soir, ils nous invitent à manger avec eux comme à une table d’hôtes. Nous rencontrons également Emmanuelle et Stéphane un couple de kyte surfer qui ont pris une année sabbatique sur un bateau vieux de 30 ans !

Lundi 25 Octobre : remontée vers la Martinique
Nous remontons tranquillement en passant par les mouillages classiques : Carriacou, Mayereau, Bequia, Walilabu, les Deux Pitons. Nous faisons de très belles navigations avec un vent d’Est de 15 à 20 Noeuds. Le bateau marche à la perfection et nous réalisons de belles moyennes au près.

Vendredi 29 octobre : changement de décor au 2 Pitons
Une forte tempête tropicale est annoncée pour la soirée et le lendemain. Nous arrimons tout bien soigneusement sur le pont, doublons les aussières sur la bouée de service (les fonds aux 2 Pitons sont à plus de 30 mètres!). La nuit du vendredi est pluvieuse et ventée (20 à 30 noeuds de vent) mais se passe assez tranquillement.

Samedi 30 octobre : nuit wagnérienne
En revanche, le samedi, le vent monte en puissance : entre 30 et 40 noeuds avec rafales à 45 noeuds et une pluie incessante à l’horizontale. Gérard décide de mettre une troisième aussière indépendante des 2 autres à notre bouée d’amarrage et d’ajouter des sangles de ferlage à la grand voile qui se trouve pourtant dans son lazybag. On ne peut plus tenir debout sur le pont, c’est à quatre pattes que se font les déplacements ! Vers 16 heures, un nouveau pas est franchi et le vent s’établit entre 40 et 50 noeuds avec des rafales dont la plus forte (55 noeuds) explose l’éolienne dont une des pales coupe un boudin de l’annexe. Il ne reste plus qu’à espérer que la bouée d’amarrage résiste au 17 tonnes de Moramora. La nuit se passe de commentaires, avec quart de surveillance de 2 heures pour l’équipage. Heureusement, le bulletin météo que nous avons récupérer via le satellite Iridium annonce que la tempête en cours devrait commencer à s’éloigner au cours de la nuit.

Dimanche 31 octobre – Lundi 1 novembre : l’ouragan Tomas est passé :
Le lendemain matin, nous avons toujours plus de 40 noeuds de vent mais la pluie s’est un peu atténuée. La mer est devenue marron suite aux nombreuses coulées de boues et de nombreux arbres arrachés flottent. Une nouvelle atténuation en début d’après-midi nous permet de rejoindre Rodney Bay en naviguant à l’abri de l’ile sur une mer marron qui sent la terre. Nous captons alors la radio qui nous apprend que nous avons essuyé « l’ouragan Thomas » qui est également passé sur la Martinique ne causant heureusement que des dégâts matériels (destruction de 30% des plantations de bananiers et cannes à sucre) mais malheureusement la mort de plus de 10 personnes sur l’ile de Sainte Lucie où nous étions. Le lendemain nous parcourons « le canal  entre Sainte Lucie et La Martinique » par un vent redevenu normal (15 à 20 noeuds). En revanche, la mer est par endroit, couverte de branchages, bouts de bois mais aussi de gros troncs d’arbres : c’est impressionnant. Nous slalomons entre les différents obstacles pour ne pas endommager le bateau et arrivons finalement sans encombre au mouillage de Saint Anne en début d’après-midi.